Dossier Centres vides, causes nationales

Architectes, paysagistes et urbanistes déplorent depuis longtemps ces politiques d’aménagement du territoire favorisant la destruction des terres agricoles qui sont inexorablement remplacées par des zones commerciales et des lotissements pavillonnaires. Plus esthètes qu’altruistes, les architectes ont d’abord dénoncé une logique économique, voire normative, favorisant un étalement pavillonnaire délétère au détriment de l’habitat vernaculaire des villages et centres bourgs qui, pour survivre, ont besoin de mutations subtiles et adaptées au cas par cas. Au désastre annoncé, tant sur le plan patrimonial, paysager qu’urbain, est venu s’ajouter le coût écologique d’un habitat grand consommateur d’infrastructures et d’équipements. (…) Comment parer à ce qui ressemble à une irrémédiable destruction ? Sans doute faut-il savoir analyser le contexte géographique, social et urbain, en connaître les rouages économiques et administratifs, avoir de l’inventivité et beaucoup de patience !

  • Centres-bourgs déserté : l’état d’urgence – Comment, en quelques années, la « revitalisation des centres-bourgs » s’est-elle imposée comme un sujet incontournable dans le débat public? Retour sur une irrésistible ascension et la prise en compte de la question par l’État, qui en a fait l’une de ses priorités nationales.
  • L’avenir radieux de Pesmes – L’architecte Bernard Quirot a choisi d’installer son agence à Pesmes, petit village de Haute-Saône. Avec d’autres acteurs engagés comme lui dans la lutte contre la dégradation du centre historique, il y a aussi créé l’association Avenir radieux, qui conseille gratuitement les particuliers et les communes et organise depuis quatre ans le séminaire d’architecture de Pesmes.
  • Dans le Livradois-Forez, l’engagement local pour faire vivre les centres – En 2011, le parc naturel régional LivradoisForez lançait l’expérimentation : « Habiter autrement les centres-bourgs » pour réfléchir avec les élus, les habitants et les acteurs de terrain à l’accueil des populations dans des villages en déclin démographique.
  • Péril en la demeure des ABF ? – Critiqués autant que craints, les architectes des Bâtiments de France traînent dans le petit monde de la construction une réputation peu enviable que leur indépendance, leur autorité et leur petit nombre ont contribué à entretenir(…) Dans ce contexte, c’est sur un mode défensif mais constructif que s’est tenu le colloque annuel de l’Association nationale des architectes des Bâtiments de France (ANABF), consacré à la revitalisation des centres-bourgs. Il a donné l’occasion aux ABF de remettre le patrimoine au cœur des politiques d’attractivité des territoires et d’engager un examen de conscience de la profession.

Réalisations

  • Atelier Barani – auditorium de l’institut de France, Paris 6e
  • Franck Hammoutène – Jouvence rénovation-extension de l’hôtel de Choudens, Paris 9e
  • Atelier Obras + Aude Mermier – Médiathèque Marguerite-Duras, Brétigny-sur-orge
  • La réhabilitation (presque) invisible du château saint-Maire, Lausanne