DOSSIER L’architecture au cœur des flux.

De la trottinette électrique, qui a envahi l’espace urbain, au smartphone, qui règne en maître dans l’espace privé comme dans l’espace public, en passant par le drone, qui assure des livraisons issues de l’e-commerce, la modernité est en mouvement perpétuel. Si la mobilité ne saurait se résumer à un mode de déplacement ou à un plan de transports, elle ne peut s’imaginer sans s’interroger sur la question des flux.

  • Vers un changement de paradigme, par Jean-François Pousse
    Peu soucieuse de l’empreinte carbone qu’elle laisse à l’échelle de la planète, la mobilité est en totale accélération. Mais le mouvement va si vite qu’il faut prendre le temps de repenser les mobilités. 
  • Île-de-France, le grand pari de la mobilité, par Ève Jouannais
    Plus gros chantier d’Europe, le nouveau réseau du Grand Paris Express va participer d’ici 2030 à la recherche de nouveaux équilibres entre la capitale. Un nouveau maillage se dessine dans lequel des “hubsde mobilité durable” pourraient bien avoir leur place. 
  • La nature, dimension compensatoire des vitesses dans les villes, par Alain Sarfati
    C’est une réflexion menée à la fin des années 1980 sur le passage de la RN7 en périphérie parisienne qui amène l’architecte-urbaniste Alain Sarfati à s’intéresser à la vitesse et à commencer à théoriser sur la question. 
  • Andreu, le seigneur de l’anneau, par Francis Rambert
    Paul Andreu restera l’architecte de “Roissy 1”, un bâtiment circulaire acte fondateur d’une plateforme aéroportuaire à laquelle il consacrera une grande partie de sa vie. Avant de construire d’autres lieux dédiés à la mobilité, au sport ou à la culture, sous d’autres horizons.
  • Au sol ou dans l’air du paysage andin, par Pablo Andrés Gómez Granda
    Depuis la fin du XXe siècle, la Colombie s’est illustrée dans le domaine de l’infrastructure urbaine. Deux modes de transport, le bus rapide en site propre (BRT) à Bogotá et le Metrocable à Medellín, offrent des solutions diversifiées à la question de la mobilité liée au développement urbain.
  • Attention, une gare peut en cacher une autre, par Manuel Tardits
    Qu’elle soit maritime ou ferroviaire, la gare peut être issue d’un concept. De Yokohama avec Foa à Kyôto avec Hiroshi Hara, le Japon dispose de modèles qui revisitent autant la question de l’espace public que la mixité des fonctions. 
  • Mobilité versus agilité, par Vincent Borie
    Dans l’expérience citadine au quotidien, la mobilité tient un rôle de premier plan. Outre les spécialistes du domaine, nombre de sociologues, de consultants et de publicitaires réfléchissent à de nouveaux concepts croisant usages et pratiques.
  • La ville volante, un rêve constructiviste, par Fabien Bellat
    Dans une vision très prospective, Georgi Krutikov mise sur les progrès de la recherche atomique pour imaginer une ville volante. Son projet de diplôme, à l’ère constructiviste, appartient à l’histoire des utopies. 

Tendance

  • En quête de matérialité. Monolithes de pierre tout droit sortis de leur carrière et simplement posés les uns sur les autres, billots de bois à peine équarris et mis en œuvre comme les blocs de neige d’un igloo, terre en attente d’une improbable transsubstantiation : les architectes se lancent de plus en plus nombreux dans une quête échevelée de la matérialité. Visite guidée d’un monde déboussolé…
  • Álvaro Siza dans le cercle de l’église. Se confronter au sacré, l’architecte portugais en avait déjà fait l’expérience à plusieurs reprises, notamment à Marco de Canaveses, au Portugal, dans les années 1990. Dans la périphérie de Rennes, à Saint-Jacques-de-la Lande, l’église Anastasis arbore ses habits de béton blanc. À l’intérieur, le plan circulaire révèle bien autre chose.
  • L’acropole ouverte de la ville-port. Promontoire, bastion de la Marine, le plateau des Capucins, seize hectares au cœur de Brest, vit une nouvelle mutation. Couvent au XVIIIe siècle, caserne puis atelier au XIXe, le site s’ouvre à la ville selon un scénario de Bruno Fortier. Ainsi les halles ont-elles été transformées par Canal en médiathèque.
  • Le contrepoint contemporain des Arènes. Trente ans après le Carré d’art, la ville de Nîmes relance la confrontation entre modernité et romanité. Lauréate du concours en 2011, Elizabeth de Portzamparc annonçait une façade telle une “toge plissée”. In fine le drapé est en verre sérigraphié. C’est dans l’opposition de matières et de géométries que le dialogue s’entame à travers trois micocouliers.
  • Un Moyen Âge très au-dessus de la moyenne. En plein cœur de Paris, le musée de Cluny vient de se doter d’une nouvelle entrée, subtilement conçue par Bernard Desmoulin en fonte d’aluminium. Cette greffe contemporaine marque la première étape de la rénovation du musée qui déjà, par ses collections, fait le lien entre l’Antiquité et l’époque médiévale. De l’art de la transition.