Le rural, les architectes sont en situation d’acteurs majeurs de la revitalisation des territoires.

L’Hexagone n’est pas un bloc. Il y a deux France, celle des métropoles et celle de la ruralité. D’aucuns diraient fracture. Mais qu’est-ce que le rural au juste ? La moitié de notre pays, soit 18 311 communes, n’appartient pas à ce qu’il est convenu d’appeler des aires urbaines. Des territoires très diversifiés où vivent près de 10 millions d’habitants.

Des vocations d’“architecte de campagne” pour la cause rurale, si bien incarnées par le travail de Simon Teyssou dans le Cantal ou à l’image d’Amélie Fontaine dans l’Avesnois ou d’Orma en Corse. L’avenir serait-il à la campagne ? Quelle leçon tirer du vernaculaire et de ses mutations ?

  • L’architecture, une clé pour la ruralité. Dans les territoires ruraux longtemps délaissés, les architectes d’aujourd’hui rencontrent comme leurs aînés des commanditaires avec qui inventer des projets, quitte à devenir de fait maîtres d’ouvrage délégués. Dans une approche transversale de valorisation et de développement durable qui mobilise les atouts de l’intercommunalité, du paysage et d’une économie locale, l’architecture s’imposera-t-elle comme une clé efficace ?
  • Une mécanique de précision Les architectes sont en situation d’acteurs majeurs de la revitalisation des territoires. À charge pour eux d’être “justes” dans leurs interventions au cœur des bourgs ruraux et autres petites villes à la campagne. Si les enjeux sont différents suivant les contextes locaux, la question de la pertinence est commune à tous ces projets bien à l’échelle. La preuve avec cinq exemples en France.
  • Architecte de campagne, médecin du territoire. Installé dans un bourg du Cantal, Simon Teyssou pratique l’architecture en milieu rural depuis une vingtaine d’années. C’est son sacerdoce. Depuis son diplôme portant sur le régionalisme critique, cher à Kenneth Frampton, il ne cesse d’explorer ce type de projet dans une culture du contexte. Portrait d’un architecte engagé.
  • Une architecte en campagne. Ses participations remarquées aux concours Europan axés sur la ville ne l’ont pas éloignée de son intérêt pour la question rurale. C’est au pied des terrils, comme dans le parc naturel régional de l’Avesnois, qu’Amélie Fontaine, lauréate des Albums des jeunes architectes et paysagistes, aime à opérer. Et si le bois est son matériau de prédilection, elle ne pense qu’à construire bientôt en terre.
  • Un grand vaisseau noir ancré dans les champs. À Jonzac, en Charente-Maritime, un centre des congrès s’est installé en pleine campagne, aux portes de la ville. Sur un terrain préservé grâce à la politique continue d’acquisitions foncières de cette commune de 3 500 habitants, le bâtiment avec ses deux salles, conçu par Tetrarc, est tapi en pied de colline dans un paysage viticole.
  • Les bogues se sont ouvertes. Tout a commencé par la réflexion d’un artiste américain sur un site ardéchois. Puis Patrick Bouchain, avec son équipe Construire, entre en scène sur un tout autre scénario à partir d’une figure organique. Ainsi la petite commune de Beaumont a gagné dix-neuf habitants dans un projet social.
  • Signes inversés en Savoie. Programme consensuel par excellence de tout mandat municipal, la médiathèque est souvent attendue comme emblématique. Le site périphérique choisi par la commune de Sallanches, dans les Alpes, a conduit les architectes Philippe Guyard et Boris Bregman vers un tout autre propos. Sous un volume unique, la médiathèque Ange-Abrate offre aux lecteurs un espace inattendu.
  • Demain, la ruralité ? La répartition géographique des architectes est calquée sur le PIB du territoire français. Envisagé au niveau macro-économique, l’avenir de la profession architecturale en milieu rural soulève plusieurs questions, qu’il s’agisse d’infrastructure numérique, d’image ou de marché potentiel.