518WPpsJVgL._SX372_BO1,204,203,200_Le lotissement « Les Jardins de la Pirotterie » est une des opérations de logement les plus innovantes de ces vingt dernières années : il s’agit d’un programme de maisons locatives HLM, dans la ville de Rezé, au sud de Nantes, déjà connue pour la deuxième Unité d’habitation de Le Corbusier (1950-55) et pour des maisons en bande du tout jeune Dominique Perrault (Les Cap-Horniers, 1982-86). Les Jardins de la Pirotterie s’inscrit dans le mouvement, qui, au début des années 2000, a voulu introduire la maison populaire dans le marché des architectes et dans le champ culturel de l’architecture, comme en témoigne aussi les opérations de la cité Manifeste (Mulhouse), du Domaine de Sérillan (Bordeaux) ou de la cité du Petit-Betheny (Reims), qui elles aussi ont fait date et ont été très publiées.

La singularité des Jardins de la Pirotterie est que le collectif d’architectes Périphériques a voulu le concevoir comme un lotissement, c’est-à-dire en divisant un terrain en lots attribués à des architectes différents. Très médiatisé et généralement très critiqué pour son architecture pas ordinaire, le lotissement de la Pirotterie n’avait, jusqu’à aujourd’hui, pas été l’objet d’un discours distancié, réfléchi, construit, donnant la parole aux habitants et replaçant cette expérimentation dans le contexte des enjeux de la production du logement au début du XXIe siècle.

Ecrit à partir d’une enquête de terrain de longue durée, l’ouvrage Un lotissement pas comme les autres. Les Jardins de la Pirotterie à Rezé propose, pour la première fois en sciences humaines appliquées à l’architecture, une véritable évaluation globale des enjeux politiques, architecturaux, sociaux et patrimoniaux de la maison individuelle. Il pose un regard neuf sur la place de l’architecture au croisement de la maîtrise d’ouvrage et d’une maîtrise d’usage des habitants. Il est en prise avec l’actualité du logement social en France dans son rapport avec la création architecturale et la qualité environnementale. L’analyse sociologique du discours et l’observation des habitants sont parfaitement appuyées par le regard du photographe américain Mark Lyon, dont les images révèlent combien cette architecture pas comme les autres s’avère stimulante et procure à beaucoup un fort plaisir d’habiter.